Ischy
Şırnak · Turquie

Ischy

Village chaldéen des montagnes du Sud-Est anatolien, vidé de ses habitants entre 1983 et 1995. Ses familles vivent aujourd'hui en région parisienne. Le village, lui, est toujours là — abandonné, mais debout.

Vue des environs du village d'Ischy, vallée encaissée entre les montagnes
Les environs du village. Source : ischy.fr
Nom vernaculaire
Ischy — habitants : les Ischayyé
Nom turc actuel
Onbudak
Formes attestées
Eshe (1894, sources ecclésiastiques) · İşşi (1928) · Şiköy (1957) · Onbudak (après 1957)
Rattachement
Diocèse de Gazarta, district de Gwerkel
Nom kurde
Şê
Province
Şırnak, district d'Uludere
Coordonnées
37°29′00″ N — 42°44′52″ E · env. 1 200 m
Confession
Catholique de rite chaldéen
Langue
Sureth (néo-araméen oriental)
Statut
Village abandonné, non repeuplé

Ce que ce site rassemble

Ce site réunit ce que l'on sait d'Ischy : la mémoire portée par ses habitants, et ce que les archives, les inventaires toponymiques et les travaux universitaires permettent d'établir ou de corriger.

Les deux ne concordent pas toujours. Quand c'est le cas, les deux versions sont données, et la raison de préférer l'une est expliquée. Rien n'est arrondi pour faire un récit plus lisse.

Le village Sa géographie, ses eaux, ses deux églises, ses familles fondatrices et son organisation. Histoire Des Carduques de Xénophon au dépeuplement : ce qui est établi, ce qui relève de la tradition. L'exode et la diaspora Quatre vagues de départ, le recensement de 1993, l'installation en Val-d'Oise. Images Photographies du village et de la diaspora, cartes historiques, documents. Sources et méthode D'où vient chaque information, ce qui reste à vérifier, ce qui a été corrigé.

Trois choses à savoir d'emblée

Le village n'a pas été rasé. La mémoire de la diaspora rapporte une destruction totale sur ordre du gouvernement en août 1993. Les reportages turcs de terrain, entre 2020 et 2024, décrivent au contraire des bâtiments de pierre toujours debout et des eaux vives, dans un ensemble envahi par la végétation. La thèse de la destruction est à écarter.

La turquification s'est faite en deux temps. Un décret de 1957 rebaptise d'abord le village Şiköy, turquification minimale qui conserve la racine Şi. Onbudak, qui rompt entièrement avec le nom d'origine, vient ensuite. La date de 1958 souvent citée est inexacte.

Saint Joseph le Voyant n'est pas né à Ischy — mais le culte est géographiquement fondé. Mar Yawsep Hazzaya, né vers 710 à Nimrud, a vécu comme moine puis ermite dans le Qardū, c'est-à-dire dans le district même où se trouve le village. Ce n'est pas une dévotion importée : c'est la mémoire d'un saint du pays.

Le village retrouvé dans les archives

On a longtemps cru qu'Ischy était absent des sources ecclésiastiques : ni les listes du diocèse de Zakho, ni celles du Goyan ne le mentionnaient. Le dépouillement intégral de Wilmshurst, mené en août 2026, montre qu'il y figurait depuis toujours — sous le nom Eshe, et dans un autre district que celui où on le cherchait.

Eshe est l'un des sept villages du district de Gwerkel recensés en 1913, et son église est dédiée à Mar Joseph Hazzaya — le patron d'Ischy. Un manuscrit est commandé pour cette église en 1894 par le métropolite de Gazarta : l'attestation écrite du village recule ainsi de trente-quatre ans par rapport au registre turc de 1928.

Le district, lui, est documenté depuis 1548 par les colophons de manuscrits, et mentionné comme diocèse dès 1562. Le diocèse de rattachement, Gazarta, figure au synode de 410. Voir la chronologie.

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