Ischy
Traçabilité

Sources et méthode

Un site de mémoire n'a de valeur que si l'on peut savoir d'où vient chaque affirmation. Cette page dit ce qui est établi, ce qui a été corrigé, et ce qui reste ouvert.

La source communautaire

ischy.fr — Un village Chaldéen : Ischy. Ouvrage collectif intégralement en ligne, réalisé sous la direction de Toma Mirho.

Avec le concours de Besim Pitros, Cahit Mirho, Cemal Givargis, Ehrewan Givargis, Faris Givargis, Isa Hanna, Iso Iskandar, Leo Avdo, Lokman Gudeda, Matté Markos, Warda Golan et Warda Poles ; avec la collaboration de l'équipe de Shera 1992-1993 : Aziz Yosip, Clément Pôles, David Zeto, Gevro Sana, Givargis Nisan, Hanna Givargis, Joseph Migo, Leo Gawso, Sgarya Matlib, Simin Baho et Yonan Iso. Photographies de Fehmi Yosep.

C'est la source principale pour tout ce qui touche à la vie du village : familles, organisation, eaux, églises, métiers, poèmes. Sa valeur est celle d'une mémoire collective écrite par ceux qui l'ont vécue.

Les sources externes

Toponymie

Sevan Nişanyan, Index Anatolicus — inventaire des noms de lieux de Turquie et de leurs formes historiques. Fiches Onbudak, Doğan, Eskihilal.

Sources ecclésiastiques

Sur la diaspora en France

Le dossier est riche sur le village et pauvre sur ce qu'il est devenu en France. Ces travaux comblent ce versant.

Une piste à suivre, plus qu'une source à citer. L'AACF existe depuis 1988 et rassemble une large part de la communauté. Elle est susceptible de détenir des archives associatives, des photographies et des témoignages sur les villages d'origine — dont Ischy. C'est la voie la plus directe pour retrouver les traces de la génération partie en 1983-1984, et pour faire relire ce dossier par ceux qui l'ont vécu.

Enquêtes de terrain turques

Presse

Ce qui a été corrigé

1. La turquification n'a pas eu lieu en 1958, mais en deux temps. Un décret de 1957 donne d'abord au village le nom de Şiköy ; Onbudak vient ensuite. Contredit ischy.fr.

2. Le village n'a pas été entièrement détruit en août 1993. Il est abandonné, mais ses bâtiments de pierre subsistent, comme l'attestent plusieurs reportages de terrain entre 2020 et 2024. Contredit ischy.fr.

3. Mar Yawsep Hazzaya n'est pas né à Ischy — mais il a vécu comme moine et ermite dans le Qardū, c'est-à-dire dans le district même du village. La formulation doit être ajustée, non abandonnée : le culte est géographiquement fondé.

4. Le village figure bien dans les sources ecclésiastiques — sous le nom d'Eshe, dans le district de Gwerkel et non de Goyan. Le dépouillement intégral de Wilmshurst, mené en août 2026, l'établit par cinq preuves convergentes, dont l'église de Mar Joseph Hazzaya et le voisinage de Bāziān. Ischy était une paroisse autonome du diocèse de Gazarta, et son attestation écrite recule de 1928 à 1894. Voir la démonstration.

5. La distinction Bāziān / Baznaye n'avait pas lieu d'être. On avait cru devoir séparer les deux noms, au motif que Bāziān appartenait au groupe Gwerkel et Baznaye au voisinage d'Ischy, supposé du Goyan. Ischy étant lui-même du Gwerkel, les deux noms désignent le même village.

Ce qui reste ouvert

Ces questions n'ont pas de réponse à ce jour. Elles sont listées ici pour que d'autres puissent les reprendre.

Télécharger les sources

Les ouvrages dépouillés pour ce dossier sont consultables ici. Les trois premiers sont dans le domaine public ; les deux articles turcs sont mis à disposition à des fins de recherche.

OuvragePoids
Wilmshurst, The Ecclesiastical Organisation of the Church of the East, 1318–1913 (2000)
La source qui identifie Eshe
26 Mo
Badger, The Nestorians and Their Rituals, vol. I (1852)30 Mo
Badger, The Nestorians and Their Rituals — autre exemplaire16 Mo
Baluken, Mervaniler devrinde Cizre (2012)5,5 Mo
Baluken, Aşiretten mirliğe : Buxtiler1,7 Mo

Droits. Badger (1852) et les fac-similés anciens sont dans le domaine public. L'ouvrage de Wilmshurst est publié par Peeters (Louvain, 2000) et reste sous droits : il est mis en ligne ici pour la consultation et la recherche. L'éditeur ou l'auteur peuvent en demander le retrait à tout moment.

Le manuscrit de 1894, localisé

Le manuscrit commandé pour l'église d'Eshe n'est pas perdu. Wilmshurst le référence en note sous la cote Dawrā Syriaque 326 ou 333 — la note couvre deux manuscrits, celui de 1859 et celui de 1894, sans préciser lequel porte quel numéro.

Dawrā désigne le couvent chaldéen de Notre-Dame-des-Semences, près d'Alqōsh dans la plaine de Ninive — le principal dépôt de manuscrits de l'Église chaldéenne. La numérotation est celle du catalogue de Jacques-Marie Vosté, publié à Rome en 1929.

Le parcours du fonds

jusqu'au milieu du XXe s.Le fonds est à Alqōsh, au couvent Notre-Dame-des-Semences
milieu du XXe s.Transféré à Bagdad avec le siège du patriarcat chaldéen
2013Devant l'avancée de Daech, le père Najeeb Michaeel met le fonds à l'abri et l'emporte à Qaraqosh
2014Nouvelle fuite : évacuation vers Erbil, au Kurdistan irakien
depuisNumérisé à Erbil par le Centre numérique des manuscrits orientaux, avec la Hill Museum & Manuscript Library

Huit cent trois manuscrits du patriarcat chaldéen de Bagdad sont aujourd'hui consultables en ligne, sous le sigle de collection CPB, dans le Reading Room de vhmml.org. L'accès demande un compte gratuit.

Une réserve à lever. La correspondance entre la cote de Vosté (Dawrā Syr 326) et la cote actuelle de vHMML (CPB …) n'est pas établie : les fonds ont été renumérotés au fil des déménagements. Il faut soit trouver un concordancier, soit écrire à HMML en citant la référence de Wilmshurst — elle est assez précise pour qu'ils retrouvent la pièce.

Ce que ce manuscrit peut livrer

Un colophon de manuscrit syriaque porte, en fin de volume, la date exacte de la copie, le nom du copiste avec sa filiation et son village, celui du commanditaire et des donateurs, l'église destinataire — et souvent des demandes de prière nommant des membres de la communauté, vivants et défunts.

Autrement dit, ce manuscrit peut livrer des noms de villageois d'Ischy à la fin du XIXe siècle, deux générations avant les premiers départs. C'est la seule source connue susceptible de le faire.

Note de méthode

Deux types de savoir se rencontrent dans ce dossier : une mémoire communautaire, précise sur la vie quotidienne et les généalogies, et des sources écrites, précises sur les cadres administratifs et ecclésiastiques. Elles ne se recouvrent pas.

La mémoire sait des choses que les archives ignorent — le nom des trois familles fondatrices, celui des deux ruisseaux, l'année des fontaines. Les archives corrigent ce que la mémoire a déformé — la date de la turquification, l'état réel du village aujourd'hui.

Aucune des deux n'a été traitée comme supérieure. Quand elles divergent, les deux versions sont données et la raison de préférer l'une est expliquée.