La source communautaire
ischy.fr — Un village Chaldéen : Ischy. Ouvrage collectif intégralement en ligne, réalisé sous la direction de Toma Mirho.
Avec le concours de Besim Pitros, Cahit Mirho, Cemal Givargis, Ehrewan Givargis, Faris Givargis, Isa Hanna, Iso Iskandar, Leo Avdo, Lokman Gudeda, Matté Markos, Warda Golan et Warda Poles ; avec la collaboration de l'équipe de Shera 1992-1993 : Aziz Yosip, Clément Pôles, David Zeto, Gevro Sana, Givargis Nisan, Hanna Givargis, Joseph Migo, Leo Gawso, Sgarya Matlib, Simin Baho et Yonan Iso. Photographies de Fehmi Yosep.
C'est la source principale pour tout ce qui touche à la vie du village : familles, organisation, eaux, églises, métiers, poèmes. Sa valeur est celle d'une mémoire collective écrite par ceux qui l'ont vécue.
Les sources externes
Toponymie
Sevan Nişanyan, Index Anatolicus — inventaire des noms de lieux de Turquie et de leurs formes historiques. Fiches Onbudak, Doğan, Eskihilal.
Sources ecclésiastiques
- David Wilmshurst, The Ecclesiastical Organisation of the Church of the East, 1318–1913, Louvain, Peeters, 2000, 864 p.
- George Percy Badger, The Nestorians and Their Rituals, 2 vol., Londres, 1852.
- Joseph Tfinkdji, « L'Église chaldéenne catholique autrefois et aujourd'hui », Annuaire Pontifical Catholique, 17 (1914).
- Jean-Baptiste Chabot, « État religieux des diocèses formant le patriarcat chaldéen de Babylone au 1er janvier 1896 », Revue de l'Orient Chrétien, 1 (1898).
- Edward Lewes Cutts, Christians under the Crescent in Asia, Londres, 1877.
- Jean-Maurice Fiey, Assyrie chrétienne, 3 vol., Beyrouth, 1962.
Sur la diaspora en France
Le dossier est riche sur le village et pauvre sur ce qu'il est devenu en France. Ces travaux comblent ce versant.
- Joseph Yacoub — historien et politologue, né en 1944 à
Al-Hasakah, professeur émérite de science politique à l'Université catholique de
Lyon, où il a enseigné de 1975 à 2011. Deux doctorats, dont l'un porte sur
la Question assyro-chaldéenne entre les deux guerres (1908-1938). C'est la
référence francophone sur le sujet.
- Les Assyro-Chaldéens, L'Harmattan
- Year of the Sword: The Assyrian Christian Genocide, Oxford University Press, 2016
- « La diaspora assyro-chaldéenne », L'Espace géographique, 23-1, 1994, p. 29-37
- « Les Assyro-Chaldéens, une minorité dispersée », Hommes & Migrations, 1172, 1994
- Bruno Yakan — président de l'Association des Assyro-Chaldéens en France (AACF), arrivé en France en 1980. L'association, fondée le 30 mai 1988, est l'interlocutrice principale des pouvoirs publics pour la communauté et travaille à la reconnaissance du génocide, à la promotion de la culture assyro-chaldéenne et à la préservation de la langue araméenne. aacfasso.fr
- Sarcelles : l'enracinement des diasporas sépharade et chaldéenne, L'Espace géographique, 23-2, 1994 — sur l'installation en Val-d'Oise.
Une piste à suivre, plus qu'une source à citer. L'AACF existe depuis 1988 et rassemble une large part de la communauté. Elle est susceptible de détenir des archives associatives, des photographies et des témoignages sur les villages d'origine — dont Ischy. C'est la voie la plus directe pour retrouver les traces de la génération partie en 1983-1984, et pour faire relire ce dossier par ceux qui l'ont vécu.
Enquêtes de terrain turques
- Osman Bilen & Fevzi Rençber, « Geçmişten günümüze Uludere'de kültürel ve dinî bağlamda Keldani ve Müslüman ilişkilerinin izdüşümü », The Journal of Academic Social Science Studies, 2024 — enquête de terrain menée sur place le 6 septembre 2023, avec recueil de témoignages chaldéens et musulmans.
- Ahmet Gülenç, Osmanlı Devleti İdaresinde Goyan Nahiyesinin/Aşiretinin İdari ve Sosyo-Ekonomik Yapısı, Şırnak Üniversitesi, 2023 — archives présidentielles ottomanes, liste des 62 villages du Gêl-i Goyan (juillet 1914).
Presse
- Mezopotamya Ajansı, juin 2020, repris par Evrensel, Agos et Yeşil Gazete : état de l'église, conversion en mosquée, pillage, découvertes de 1996, témoignage de Mehmet Nuri Oran.
- Hyetert, « Mezopotamya'nın Solan Gülleri: Keldaniler », 30 décembre 2019 : panorama des villages chaldéens du Şırnak.
Ce qui a été corrigé
1. La turquification n'a pas eu lieu en 1958, mais en deux temps. Un décret de 1957 donne d'abord au village le nom de Şiköy ; Onbudak vient ensuite. Contredit ischy.fr.
2. Le village n'a pas été entièrement détruit en août 1993. Il est abandonné, mais ses bâtiments de pierre subsistent, comme l'attestent plusieurs reportages de terrain entre 2020 et 2024. Contredit ischy.fr.
3. Mar Yawsep Hazzaya n'est pas né à Ischy — mais il a vécu comme moine et ermite dans le Qardū, c'est-à-dire dans le district même du village. La formulation doit être ajustée, non abandonnée : le culte est géographiquement fondé.
4. Le village figure bien dans les sources ecclésiastiques — sous le nom d'Eshe, dans le district de Gwerkel et non de Goyan. Le dépouillement intégral de Wilmshurst, mené en août 2026, l'établit par cinq preuves convergentes, dont l'église de Mar Joseph Hazzaya et le voisinage de Bāziān. Ischy était une paroisse autonome du diocèse de Gazarta, et son attestation écrite recule de 1928 à 1894. Voir la démonstration.
5. La distinction Bāziān / Baznaye n'avait pas lieu d'être. On avait cru devoir séparer les deux noms, au motif que Bāziān appartenait au groupe Gwerkel et Baznaye au voisinage d'Ischy, supposé du Goyan. Ischy étant lui-même du Gwerkel, les deux noms désignent le même village.
Ce qui reste ouvert
Ces questions n'ont pas de réponse à ce jour. Elles sont listées ici pour que d'autres puissent les reprendre.
- İşşi figure-t-il parmi les 62 villages du Gêl-i Goyan recensés en juillet 1914 ? Les annexes de Gülenç n'ont pas encore été dépouillées.
- « Baznaye » renvoie-t-il à la tribu Baz du Hakkâri ? Si oui, le village voisin porterait le nom d'un groupe venu s'y établir plutôt qu'un toponyme local — ce qui orienterait aussi la lecture d'İşşi.
- Les effectifs d'Eshe en 1913. La table des communautés du diocèse de Gazarta existe dans Wilmshurst, mais son corps chiffré n'a pas pu être extrait : mise en page en colonnes que l'OCR rend illisible. À relever directement sur les pages imprimées 106-107 et 111-113.
- Lire le manuscrit de 1894. Il est localisé — cote Dawrā Syriaque 326 ou 333, numérisé et consultable en ligne. Reste à établir sa cote actuelle et à faire lire son colophon par un syriacisant. Voir le détail.
- Que désigne « Elan » ? Trois hypothèses concurrentes : Hilâl/Eskihilal à l'est, Bellān ou Alanesh, tous deux villages du Goyan.
- Le sort de Qarayé. L'effondrement de la falaise qui l'aurait enseveli n'est pas confirmé.
Télécharger les sources
Les ouvrages dépouillés pour ce dossier sont consultables ici. Les trois premiers sont dans le domaine public ; les deux articles turcs sont mis à disposition à des fins de recherche.
| Ouvrage | Poids |
|---|---|
| Wilmshurst, The Ecclesiastical Organisation of the Church of the East, 1318–1913 (2000) La source qui identifie Eshe | 26 Mo |
| Badger, The Nestorians and Their Rituals, vol. I (1852) | 30 Mo |
| Badger, The Nestorians and Their Rituals — autre exemplaire | 16 Mo |
| Baluken, Mervaniler devrinde Cizre (2012) | 5,5 Mo |
| Baluken, Aşiretten mirliğe : Buxtiler | 1,7 Mo |
Droits. Badger (1852) et les fac-similés anciens sont dans le domaine public. L'ouvrage de Wilmshurst est publié par Peeters (Louvain, 2000) et reste sous droits : il est mis en ligne ici pour la consultation et la recherche. L'éditeur ou l'auteur peuvent en demander le retrait à tout moment.
Le manuscrit de 1894, localisé
Le manuscrit commandé pour l'église d'Eshe n'est pas perdu. Wilmshurst le référence en note sous la cote Dawrā Syriaque 326 ou 333 — la note couvre deux manuscrits, celui de 1859 et celui de 1894, sans préciser lequel porte quel numéro.
Dawrā désigne le couvent chaldéen de Notre-Dame-des-Semences, près d'Alqōsh dans la plaine de Ninive — le principal dépôt de manuscrits de l'Église chaldéenne. La numérotation est celle du catalogue de Jacques-Marie Vosté, publié à Rome en 1929.
Le parcours du fonds
| jusqu'au milieu du XXe s. | Le fonds est à Alqōsh, au couvent Notre-Dame-des-Semences |
| milieu du XXe s. | Transféré à Bagdad avec le siège du patriarcat chaldéen |
| 2013 | Devant l'avancée de Daech, le père Najeeb Michaeel met le fonds à l'abri et l'emporte à Qaraqosh |
| 2014 | Nouvelle fuite : évacuation vers Erbil, au Kurdistan irakien |
| depuis | Numérisé à Erbil par le Centre numérique des manuscrits orientaux, avec la Hill Museum & Manuscript Library |
Huit cent trois manuscrits du patriarcat chaldéen de Bagdad sont aujourd'hui consultables en ligne, sous le sigle de collection CPB, dans le Reading Room de vhmml.org. L'accès demande un compte gratuit.
Une réserve à lever. La correspondance entre la cote de Vosté (Dawrā Syr 326) et la cote actuelle de vHMML (CPB …) n'est pas établie : les fonds ont été renumérotés au fil des déménagements. Il faut soit trouver un concordancier, soit écrire à HMML en citant la référence de Wilmshurst — elle est assez précise pour qu'ils retrouvent la pièce.
Ce que ce manuscrit peut livrer
Un colophon de manuscrit syriaque porte, en fin de volume, la date exacte de la copie, le nom du copiste avec sa filiation et son village, celui du commanditaire et des donateurs, l'église destinataire — et souvent des demandes de prière nommant des membres de la communauté, vivants et défunts.
Autrement dit, ce manuscrit peut livrer des noms de villageois d'Ischy à la fin du XIXe siècle, deux générations avant les premiers départs. C'est la seule source connue susceptible de le faire.
Note de méthode
Deux types de savoir se rencontrent dans ce dossier : une mémoire communautaire, précise sur la vie quotidienne et les généalogies, et des sources écrites, précises sur les cadres administratifs et ecclésiastiques. Elles ne se recouvrent pas.
La mémoire sait des choses que les archives ignorent — le nom des trois familles fondatrices, celui des deux ruisseaux, l'année des fontaines. Les archives corrigent ce que la mémoire a déformé — la date de la turquification, l'état réel du village aujourd'hui.
Aucune des deux n'a été traitée comme supérieure. Quand elles divergent, les deux versions sont données et la raison de préférer l'une est expliquée.